reforme des retraites – Action du 17 decembre

Pour qu’il n’y ait ni puni·es, ni perdant·es, l’UNSA appelle l’ensemble des salariés à se mobiliser et à faire grève le mardi 17 décembre. Hier, le Premier ministre a levé le voile sur ses intentions concernant la réforme des retraites. Imprécisions, manque de prospective et nouvelle mesure punitive : tel est le bilan des annonces.
Certes quelques-unes sont à mettre à l’actif des propositions et des actions de l’UNSA :
– La première génération concernée sera celle née en 1975. Ce qui permet de protéger ceux qui sont à 12 ans de leur retraite et qui ont fait des choix de carrière et de vie en fonction du régime actuel. Ces 12 années laisseront également le temps nécessaire pour améliorer les carrières, les salaires, la qualité de vie au travail de l’ensemble des salariés.
– Les salariés, nés à partir de 1975, bénéficieront de 100 % de droits acquis dans l’actuel régime. Ce qui est une garantie indispensable en particulier pour celles et ceux qui y ont déjà accompli une part significative de leur carrière.
Mais au final le compte n’y est pas !
Pour une grande part, les mesures avancées continuent à entretenir le flou et manquent d’engagements concrets :
– Les propos sur la pénibilité sont très décevants. Des négociations doivent s’ouvrir rapidement et bien concerner l’ensemble des métiers.
– Les personnels de santé publique, les forces de l’ordre et les pompiers, les agents territoriaux, les fonctionnaires ayant peu ou pas de primes (dont les enseignants), les salariés de la SNCF, de la RATP… restent sur leur faim car aucune garantie ne leur a été concrètement apportée. Il ne suffit pas de dire que des discussions vont commencer, il faut préciser quand, à quel rythme et pour aller dans quelle direction.
Pire, le Premier ministre compte mettre en place, pour l’ensemble des salariés, un âge pivot de 64 ans en 2027 avec une montée en charge dès 2022.
Cette mesure financière est particulièrement punitive : dès 2022, les salariés âgés de 62 ans seront obligés de travailler quelques mois de plus sauf à se voir imposer un malus supplémentaire.
L’UNSA avait proposé que ne soit pas mêlées retraite universelle et mesures financières. Le gouvernement a fait le choix contraire et fait porter cet effort supplémentaire aux seuls salariés. Ce n’est pas acceptable pour l’UNSA. L’UNSA n’est pas dans une logique du tout ou rien qui se traduit très souvent par rien du tout. Au contraire, l’UNSA accentuera ses pressions sur le gouvernement, en discutant et argumentant jusqu’au bout, pour qu’il modifie sa copie.
Pour qu’il n’y ait ni puni·es, ni perdant·es, l’UNSA appelle l’ensemble des salariés à se mobiliser et à faire grève le mardi 17 décembre.

RETRAITES

Rapport de la commission d’orientation des retraites (COR) : sans surprise pour l’UNSA

Pour l’UNSA, le diagnostic du COR, demandé par le Premier ministre est sans équivoque. La part des dépenses de retraite dans le PIB resterait stable. Quel que soit le scénario économique retenu, elle correspond à 13,8 % en 2018 ( soit 325 milliards d’euros en 2018) et ce jusqu’en 2030.

Grâce aux efforts déjà consentis par les assurés sociaux, aucun dérapage des dépenses de retraite n’est à constater tant sur un horizon à 10 ans qu’à 50 ans. Ainsi, rien de neuf depuis juin. Pour être à l’équilibre en 2025, le système de retraites a besoin d’un financement compris entre 0.3 et 0.7% du PIB, soit en moyenne 10 milliards d’euros. En juin, le COR indiquait que ce montant était une goutte d’eau sans commune mesure avec les déficits antérieurs à l’origine des précédentes réformes. Cette analyse a d’ailleurs été réaffirmée en septembre au COR par Didier Blanchet. Ainsi, le Président du Comité de Suivi des Retraites, lors de la présentation de son avis, avait qualifié le déficit courant « d’ampleur très relative ». Par ailleurs, à moyen terme, après les générations du Baby boom, le besoin dépenses de retraite sera bien moins important. De plus, comme le rapport l’indique,  les réserves évaluées à 5,6 % du PIB (soit plus de 127 milliards) ne sont pas prises en compte dans les projections. Or, pour l’UNSA, dans le débat actuel, cette donnée a toute son importance.

Pour l’UNSA, l’équilibre d’un système par répartition, où les actifs payent pour les retraités, est fondamental pour éviter tout risque de « krach » qui ouvrirait  la voie à la capitalisation ou à l’étatisation. Toutefois, pour l’UNSA, il est préférable de raisonner en termes de trajectoire d’équilibre à 10-15 ans. Si des mesures s’avéraient nécessaires pour assurer l’équilibre, elles devraient, quoi qu’il en soit, être prises par les partenaires sociaux. En effet, pour l’UNSA, le système des retraites étant financé à 80 % par des cotisations, de telles décisions doivent relever d’un accord entre organisations syndicales et patronales, dans le cadre d’une gouvernance du système. Les partenaires sociaux ont en effet toujours pris leur responsabilité dans ce domaine (comme l’atteste la gestion du régime par points AGIRC-ARRCO).

L’UNSA réaffirme que la recherche de l’équilibre ne peut pas reposer sur l’effort des seuls salariés qui ont déjà largement été mis à contribution.

RetraiteS

À Matignon l’UNSA rappelle ses exigences et envoie un avertissement

L’UNSA ne comprend pas pourquoi l’exécutif n’a toujours pas apporté les clarifications et les garanties attendues tant en ce qui concerne les grands arbitrages de la réforme que les secteurs particuliers. Elle l’a redit au premier Ministre.

Cette stratégie qui vise à « enjamber » le 5 décembre place notre pays en tension.

Pire, les atermoiements, les annonces contradictoires et le retour possible d’une réforme paramétrique notamment liée à l’âge en plus d’une réforme systémique, sont pour l’UNSA inacceptables. Ces éléments créent davantage de trouble, de manque de lisibilité, en même temps qu’ils attisent la colère de ceux qui seront les plus touchés.

L’UNSA, qui n’était pas demandeuse de cette réforme, rappelle donc son exigence : pas de punis de la réforme.
Cela passe par :

  • la garantie de 100% des droits acquis
  • une transition protégeant, pour tous les régimes, 10 à 15 générations
  • des adaptations quant à la durée de cette transition et des compensations respectueuses des contrats sociaux pour les secteurs et les métiers les plus exposés
  • des reconstructions de carrières pour certaines professions très impactées
  • la prise en compte de la pénibilité et de la dangerosité quel que soit le secteur d’activité ou le statut

Cela passe enfin par la mise en évidence concrète d’avancées pour les femmes, les carrières hachées et multiples, et pour ceux ayant les plus bas revenus, avec un minimum de pension porté au niveau du SMIC.

Les trois prochaines semaines seront décisives. Le gouvernement a les cartes en main, il doit sortir de l’ambiguïté et dire ce qu’il veut faire et comment. L’UNSA reste déterminée à défendre l’intérêt général de tous les salariés, notamment ceux des futures générations, et l’UNSA défendra, avec la même force, les intérêts plus particuliers de celles et ceux qu’elle représente.
C’est dans le respect de cet équilibre entre intérêt général et intérêts particuliers que doit se trouver une issue qui renforce l’ordre social plutôt que de jouer les uns contre les autres.

L’UNSA lance un avertissement : les tensions sociales sont vives, notre démocratie est suffisamment bousculée. Dans ce contexte, laisser s’enkyster les colères est une funeste erreur, y répondre, un devoir républicain.

Circulaire du 5 juin 2019

Relative à la transformation des administrations centrales et aux nouvelles méthodes de travail

Pour faire suite à la circulaire du 24 juillet 2018, demandant des propositions sur la transformation des administrations centrales, le Premier Ministre a adressé une circulaire à tous les Ministres et Secrétaires d’Etat, les informant des conclusions rendues par la Direction Interministérielle de la Transformation Publique (DITP) et une mission inter-inspection. Elles ont permis de dégager les axes de réforme suivants :

Renforcer l’efficacité des administrations centrales : viser une plus grande proximité et une efficacité renforcée de l’action publique, réduire les échelons hiérarchiques, diminuer le poids des activités récurrentes (doublons).

Simplifier le paysage administratif : réduire substantiellement le nombre d’instances et de commissions rattachées aux administrations centrales (environ 1200 actuellement), justifier le maintien des structures dont la taille n’excède pas 100 agents (ETP).

Rapprocher les administrations des citoyens et des territoires : répondre à l’attente de proximité et au rééquilibrage des forces économiques et institutionnelles de la région parisienne vers les territoires, délocaliser en région certaines fonctions et activités…

Aller le plus loin possible en matière de déconcentration : définir les mesures de déconcentration, fixer un calendrier de réalisation, pouvoir traiter les demandes des particuliers et des entreprises au plus proche du terrain et non en administration centrale.

Améliorer le fonctionnement du travail interministériel : développer la coopération entre les administrations, réduire le nombre de réunions interministérielles.

Encadrer et revoir l’usage des circulaires : réduire le nombre trop important des circulaires (+ de 1300 en 2018). Les circulaires devront porter sur l’objectif d’améliorer l’accompagnement et le suivi de l’exécution des réformes et des transformations de l’action publique et conférer ainsi plus de latitude aux responsables déconcentrés.

Mieux suivre l’impact des réformes : s’appuyer sur une application numérique de suivi déployée par la DITP (Direction Interministérielle de la Transformation Publique) en identifiant et renseignant régulièrement les indicateurs d’avancement et d’impact de chaque réforme.

L’UNSA FP toujours déterminée sur la loi fonction publique

Lors du Conseil Commun de la fonction publique du 4 juin, présidé par Olivier Dussopt, Secrétaire d’état auprès du Ministre de l’Action et des Comptes publics, l’UNSA Fonction Publique a, une nouvelle fois, redit son désaccord sur le fond du projet de loi de transformation de la Fonction Publique, en particulier sur la modification des instances de dialogue social ou encore sur le recours accru aux contrats.

L’UNSA Fonction Publique a rappelé aussi son désaccord sur la méthode de dialogue social utilisée depuis plus d’un an et appelle à un changement pour la seconde partie du quinquennat. Les organisations syndicales représentatives doivent pouvoir être davantage entendues.

Alors que ce texte va être étudié au Sénat, l’UNSA souhaite que le gouvernement le modifie.

L’UNSA a noté positivement l’inflexion qui a permis d’introduire une prime de précarité pour les contrats CDD de moins de un an mais elle maintient sa proposition d’extension à tous les CDD.

L’UNSA a également noté l’inflexion du Président de la République et du Gouvernement en matière de suppression d’emplois. Elle sera particulièrement attentive à la réalité de cette annonce.

La défense des droits des attachés statisticiens Insee